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Biographie de Thelonious Monk



Une enfance et un début de carrière surprenant


Thelonious Monk est né le 10 Octobre 1917 à Rocky Mont, en Caroline du Nord. En 1924, sa famille s’installe à New-York dans le quartier de San Juan Hill, également appelé : « The Jungle », et certainement pas pour désigner un jardin d’hiver. Lorsque le père abandonne le foyer, la mère de Thelonious, qui va élever seule ses trois enfants, se réfugie dans la ferveur religieuse. L’église baptiste devient sa maison : elle y chante le dimanche, accompagnée par son fils Thelonious qui, depuis l’âge de cinq ans, surprend le professeur de piano de sa sœur ainé Marion. Il retient tous les morceaux de mémoire et, dès l’âge de treize ans, joue de l’orgue et du piano. Deux ans plus tard, il participe aux premières rent parties (fêtes musicales qui se déroulent dans des appartements et pour lesquels on verse une somme modique à l’entrée, afin de participer au paiement du loyer et au cachet des musiciens) et commence à jouer dans les bars de son quartier. Au début des années 1930, Thélonious Monk obtient le premier prix du concours de musique de l’Apollo, à New-York. Apres un passage fulgurant dans la célèbre Juilliard School, il est engagé par une évangéliste itinérante. Le jeune Thelonious , aux claviers, accompagne alors une formation qui joue plus souvent du Rythme and Blues que du gospel. Telles sont ses universités. Celles- ci le mènent, au début des années 1940, au Minton’s Playhouse, temple du be-bop naissant, où il joue aux côtés d’explorateurs tels que le batteur Kenny Clarke et le saxophoniste Coleman Hawkins.



Un destin ruiné par la prison


Son jeu en décalage surprend ses complices et attire l’oreille du trompétiste Dizzy Gillespie, à l’époque en pleine ascension. Nous sommes en 1946. L’année suivante, Theloniouss enregistre Genius of Modern Music, son premier disque pour Blue Note. En 1951, un évènement allait marquer son existence. Il est arrêté en compagnie du pianiste Bud Power pour détention de marijuana. Tous deux condamnés à deux mois de prisons et surtout à une interdiction de jouer dans les clubs de New York pendant 6ans. Condamnation complètement idiote car ces musiciens allaient écouter leur propres musique dans les clubs mais ne pouvaient pas la jouer. C’est à cette époque que la baronne Nica de Koenigswarter, mécène et passionnée de jazz, l’aide et assume une grande partie de ses dépenses. Cette bienfaitrice a été, pour les musiciens de ces années là, le seul soutien moral et pécuniaire. Elle en hébergea un bon nombre et c’est notamment chez elle que mourut Charlie Parker le 12 mars 1956, et Thelonious Monk le 17 février 1982. En 1954, Thélonious est invité pour la première fois au Salon du jazz de Paris et enregistre ses premiers solo pour Vogue. Une fois avalée les six années d’interdiction de jouer à New York, il se produit au Five Spot, aux cotés de John Coltrane. Il joue aussi avec Charles Mingus, le musicien le plus novateur du moment. Mais c’est alors que se produit une seconde catastrophe. Il est à nouveau arrêté, toujours à cause de la drogue, une sombre histoire de tabassage cette fois, dans laquelle sa santé morale est mise en cause. Nous sommes en 1958. S’ensuivit une autre interdiction de jouer dans les clubs New Yorkais, punition pour tous les musiciens « accros » aux drogues. Seul rayon de soleil, il rencontre un saxophoniste ténor qui comprend sa musique au point d’en être le serviteur le plus fidèle : Charlie Rouse. Et pourtant, il est loin de posséder les qualités techniques de ténor comme Sonny Rollins ou John Coltrane, qui ont eux aussi joués aux cotés de Thelonious Monk. Cette brillante collaboration allait se prolongé pendant dix années. Les tournées se succèdent : 1961, 1967. La dernière s’achève en 1971 à Londres avec ses ultimes enregistrements, avant le grand silence jusqu’à sa mort en 1982.



Thelonious Monk demeure un des plus grand jazziste


Monk est un compositeur d’exception qui écrit des ballades devenues des standards, sans oublier le thème le plus célèbre du jazz : « Round Midnight », mais également ces thèmes que tous les amateurs de jazz ont en tête : « Monk’s Mood », « Ruby My Dear » (nom du premier amour de Monk, qui était la meilleure amie de sa sœur Marion), « Crepuscule with Nelly » (dédié à son épouse qui l’accompagna jusqu’au dernier jours), « Light Blue » « Reflections » et « Pannonica » (dédié à Nica Koenigswarter).

Le jeu de Thelonious était le plus original du monde. Ses cassures sont des actes de création. On peut affirmer qu’il existe deux catégories d’amateurs : ceux qui admirent sa technique pianistique et ceux qui, à l’instar d’André Hodeir, disent de Monk qu’il manque totalement de technique. Mais si c’était le cas alors pourquoi serait-il si fascinant ? Thelonious Monk se réapproprie les standards de jazz et les réinvente. Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter le remarquable Thelonious Monk Plays Duke Ellington.

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